Former les réfugiés au Malawi

Par Ivan Bel

COUNTRY

Malawi

z

LANGUAGE

Francais

Organisation

HEAD OF MISSION

Marc Van Espenhoudt

contact

Email
+32 (0) 497 62 64 78

Objectifs

– Former des réfugiés au Shiatsu

– Offrir une opportunité de santé familiale

Depuis plusieurs mois déjà une petite équipe de volontaires forment quelque 40 étudiants au camp de réfugiés de Dzaleka au Malawi. Le but de cette mission est de leur transmettre au moins deux ans de formation.

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Situation des réfugiés de Dzalezka

Le Malawi est l’un des 5 pays les plus pauvres au monde selon le classement du FMI, mais malgré cela il accueille un grand nombre de réfugiés internes à cet immense continent qu’est l’Afrique. A une heure de route de la capitale Lilongwe, le HCR des Nations Unies gère l’immense camp de Dzaleka. Là s’entassent plus de 40.000 personnes dans des maisons en terres crues au confort plus que sommaire, sans eau ni électricité bien entendu. La population vient essentiellement du Rwanda, Burundi, Est du Congo, mais aussi plus récemment du Mozambique où une guérilla vient d’éclater. Certains d’entre eux sont là depuis bientôt 30 ans et ont fait des enfants qui ont fait des enfants.

La pauvreté et le désœuvrement sont immenses notamment dû à l’interdiction du gouvernement du Malawi de les laisser travailler. Les réfugiés n’ont donc aucun avenir devant eux, sauf rentrer dans leur pays, à leurs risques et périls. Le HCR fait ce qu’il peut pour subvenir aux besoins de bases et le gouvernement du Malawi offre 5€ par mois et par personne pour survivre. Le moindre besoin en santé est bien souvent au-delà de toutes les bourses.

Les atouts du Shiatsu

Le Shiatsu est une « médecine du pauvre ». Vous n’avez besoin que de vos seuls doigts pour faire déjà beaucoup. Quand on n’a rien, c’est déjà beaucoup. Lorsqu’on vit avec 5€ par mois, l’idée de devenir pouvoir travailler avec le Shiatsu et de gagner 1€ par massage change tout. Vous pouvez doubler votre apport financier chaque mois. De plus, le toucher est un moyen de nouer des liens d’amitié et d’humanité au-delà des mots. Les populations du camp sont parfois d’anciens ennemis. C’est donc aussi un outil de paix, comme le fait l’AIST au Pérou par exemple. C’est en partant de ces deux constats que nous avons décidés de tenter l’expérience d’enseigner le Shiatsu au sein d’une classe test.

Les partenaires

Je ne pouvais faire tout cela tout seul, car cela demande du temps et beaucoup d’énergie. J’ai donc reçu le support de mes deux étudiants formidables : Julia Lemmer et César Seigneurgens, qui ont déjà un petit bagage en Shiatsu et viennent de Belgique. Julia est particulièrement enthousiaste et souhaitait m’assister pendant les cours. L’ironie du sort voudra qu’elle prenne en charge toute une classe.

Julia et César m’ont présenté Fraternidades sem Fronteras, une ONG Brésilienne incroyablement dynamique qui a construit très rapidement une immense école Montessori pour les jeunes enfants, fait de la permaculture, utilise des panneaux solaires, a acheté 16 hectares de champs pour être autonomes en nourriture pour la cantine et les quelques 200 personnes qui travaillent depuis peu sur les lieux. Chaque fois que nous allons chez eux, un nouveau bâtiment a poussé du sol. Nous sommes accueillis par Lilian et X qui nous ont donné leur accord après une présentation du Shiatsu.

Nous avons démarré avec 40 élèves adultes et passons 3h chaque semaine dans deux classes : l’une pour les francophones et l’autre pour les anglophones et ceux qui ne parlent ni l’un ni l’autre, mais Swahili.

Le choc des cultures

Enseigner à des Africains une technique japonaise par des Européens c’est la garantie d’un choc des cultures. Les classes sont bruyantes, on rigole, on s’interpelle… Avoir du calme est une gageure. Les femmes viennent au cours avec les petits enfants et même une poule. Mais surtout les corps sont marqués par les cultures (comme partout dans le monde) et les accidents dus à la fuite de leurs pays en guerre, choses que l’on ne constate pas dans notre patientèle habituelle. Mais les étudiants font de leur mieux pour apprendre comme par exemple, tenter de s’assoir en seiza au début du cours pour nous saluer.

Bien sûr les gens entrent et sortent un peu à leur guise, commencer à l’heure est presque impossible. Mais petit à petit un écrémage s’est fait et une bonne vingtaine sont plus sérieux et s’accrochent, surtout des femmes et quelques hommes. À la dernière séance, nous avons repris les principes de la pression et enfin ils ont compris l’intérêt de ne pas forcer avec leurs muscles. Comme par miracle, le silence s’est installé. On a réussi à passer un cap.

L’avenir

Julia et César vont poursuivre la formation, car ils doivent rester encore 3 années au Malawi. Cela laisse un peu de temps pour continuer à travailler et enseigner. De plus, je compte bien venir de temps en temps et si possible avec des praticiens volontaires. Nous pourrons donc continuer à développer le Shiatsu dans ce camp en attendant que l’autre projet (construire une école près de la capitale) du Malawi soit un jour fini. Nous vous donnerons des nouvelles sur la page Facebook de MSH.

Merci de votre soutien.

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